J’accuse

C’est l’histoire d’un couple, heureux, épanoui, avec 2 enfants. Une petite fille d’un peu plus de trois ans et un petit garçon de dix mois.

C’est un couple qui vit dans la jolie banlieue ouest, qui n’a pas de soucis, qui travaille. Un couple tranquille qui pourrait être de vos amis.

Et puis un jour, la machine dérape.

Un soir, à 21h, la police débarque chez eux pour leur retirer la petite fille car ils sont soupçonné de maltraitance. Oui, c’est le médecin scolaire qui a détecté des traces suspectes et qui a fait un signalement aux services sociaux. La machine judiciaire s’est mise en marche et rien ne peut l’arrêter, ni les protestations de la mère – le père n’est pas encore rentré – ni les pleurs de la petite fille. Elle est donc emportée par cinq flics un jeudi soir du mois de mars.

C’est la stupéfaction, un cataclysme. Que s’est-il passé ? Est-ce que ce couple sans histoire peut maltraité son enfant ?

Puis le lendemain matin, c’est un couple qui se rend chez son avocat et qui est entendu par la police. Garde à vue de quelques heures.

Et enfin, 24 heures après le début de cette histoire, ils sont disculpés, blanchis et peuvent aller récupérer leur petite fille de trois ans qui vit depuis un jour dans un centre de prise en charge pour enfants maltraités.

Ce couple a repris le cours de sa vie après 24h hors du temps. Lundi, il faudra aller travailler, il faudra amener la petite à l’école, cette fameuse école d’où tout est parti.

Ce couple sont mes amis, des amis incroyablement proches et chers.

J’ai vécu avec eux cet ouragan qui s’est abattu sans prévenir. J’ai encore dans les oreilles les larmes étouffées au téléphone d’elle me prévenant qu’il y avait un problème. J’ai dans les yeux le regard de ce père qu’on accuse du pire. Je me souviendrai toute ma vie de la voix de l’officier de police me prévenant de leurs gardes à vue.  A leur côté, j’ai vécu les 24 heures les plus extraordinaires, au sens premier du terme, de ma vie, un scénario de film d’horreur sans hémoglobine. Et aussi vite que cela avait commencé, cela s’est arrêté. Moi aussi j’ai repris le cours de ma vie.

Je m’interroge juste un peu plus sur la société dans laquelle on vit, une société où le principe de précaution est appliqué à son paroxysme, où l’on est coupable avant d’être innocent. C’est peut être parce que j’avais oublié cette idée du gouvernement qui voulait faire tester les enfants de 3 ans pour détecter d’éventuels délinquants tueurs en série.
Une société qui peut enlever une petite fille en pyjama, prête à aller se coucher, pour aller la placer dans un foyer, sans que quiconque n’ait vérifié les soupçons d’un médecin scolaire qui confond un bleu avec un angiome.
Une société qui permet à d’autres de jeter l’opprobe sur des gens bien au nom de la prévention. La dénonciation calomnieuse, sous prétexte de rendre la communauté plus propre n’est pas sans me rappeler un certain gouvernement.

Alors, si j’avais eu le talent de Zola, j’aurai hurlé un « j’accuse » pour que cela ne se reproduise plus.

Mes chers amis, je vous souhaite de reprendre votre douce vie là où vous l’aviez laissée jeudi à 18h. Avec tout mon amour.

Les restos de mon coeur

logo-restos-du-coeurJe reprends la plume pour une belle iniative après de longues semaines de silence, non pas que je n’ai pas eu particulièrement envie d’écrire, mais plutôt parce que j’ai été submergée par un déménagement et du boulot en pagaille. Bref, que de mauvaises excuses.

Mais là, je ne pouvais pas ne pas le faire. L’idée est la suivante : un billet posté sur les Restos, c’est 10 repas offerts.

Donc à l’heure de la crise et des petites merdouilles de la vie, ça fait pas de mal de faire un peu de bien. Et du coup, ça m’a replongée il y a 24 ans.

Je me souviens très bien de Coluche annonçant la création de cettre drôle d’association qui devait venir en aide aux plus démunis d’entre nous et notamment ceux que l’on commençait à appeler les SDF.

C’était pour moi et du haut de mes 11 ans quelque chose d’étrange,  comme s’il avait fallu absolument nommer avec un nouveau nom ce que l’on appelait alors des clochards.
C’était aussi l’époque de l’engagement des artistes sur tous les fronts. Il y avait Bob Geldof et Band Aid, il y avait We are the world dont mes parents nous avaient acheté le 45 tours. Et puis Les chanteurs français contre la famine en Éthiopie. Loin du coeur et loin des yeux, de nos villes de nos banlieues, l’Éthiopie meurt peu à peu, peu à peu… Là, on avait carrément le maxi 45 tours.  J’étais fière de les avoir, j’étais fière de voir ces disques en tête du top 50.

Et puis il y a eu Coluche et les Restos du coeur. Une nouvelle forme d’engagement, pour des gens qui vivaient à côté de nous, souvent stigmatisés. Je me souviens du clip à la télé, de la voix un peu éraillée et gouailleuse de Coluche, de celle d’Yves Montand, chaude et douce. C’était aussi Goldman, Druker et Platini, des idoles. Je me souviens que je trouvais ça beau, que j’aurais moi aussi voulu faire partir de leur groupe pour chanter pour les autres. Ca me faisait frissonner.

Et puis Coluche est mort mais les Restos ont survécu.

Les enfoirés ont pris la relève. Et aujourd’hui encore, je frissonne quand je les entends. C’est à la fois le même frisson que celui de mes 12 ans, l’admiration de la communion, mais c’est aussi un frisson d’effroi. Ca fait 24 ans que les Restos du Coeur existent, ils ont servi plus d’un milliard de repas et malheureusement, ils seront plus que jamais la seule béquille de certains cette année encore. Alors si nous ne les aidons pas, ils ne pourront plus aider ceux qui en ont besoin. Voilà, avec cette chaîne de bloggers, je me sens un peu moi aussi faisant partie de la petite troupe de 1985. Aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid.

Vous pouvez vous aussi rejoindre les nouveaux enfoirés en offrant des produits lors de la collecte des 6 et 7 mars dans les magasins Carrefour, carrefour Market et Champion.

logcarrefourv_047_pantonelogo-corporate-danoneCarrefour et Danone sont partenaires de cette opération et seront aux côtés des Restos du coeur toute l’année. Du 17 au 25 mars chez Carrefour et jusqu’au 8 mars chez Carrefour Market et Champion, pour 5 produits Danone achetés un repas sera offert aux Restos du Coeur.