Lanzhou la lointaine

Vendredi 13/04/07

Après un long long voyage (plus de 5 heures d’attente à l’aéroport), nous avons atteint la petite bourgade de Lanzhou toujours plus au nord ouest de la Chine.
Ce petit village de 160 000 habitants est perché à 1500 m d’altitude. C’est vraiment ici considéré comme une petite ville de province. Passage obligé de la route de la soie, c’est aujourd’hui une ville assez industrielle. Depuis quelques mois, elle abrite un très beau musée consacré aux objets retrouvés sur la route de la soie.

Nous ne sommes pas restés longtemps ici : arrivée dans la nuit et départ pour Dunhuang en train couchette à 17h. Mais ces quelques heures étaient vraiment chouettes. Après le musée, nous avions quartier libre et tout le monde s’est précipité au petit marché d’à côté. Les étals mode et chaussures n’étaient pas forcément à mon goût (mais sûrement à celui de certains de mes compagnons de voyage…), en revanche, la partie bouffe était nettement plus intéressante ! Fruits confits, graines en tous genres, poissons séchés caramélisés, nouilles et riz, nous avons tout goûté.

Il faut quand même que je précise une chose sur cette bonne ville de Lanzhou : la pluparts des habitants n’ont jamais vu d’occidentaux, de « longs nez » comme on nous appelle, pour de vrai. Ils les ont vus dans les pubs, à la télé ou dans les journaux, mais jamais pour de vrai. Nous avons donc provoqué une quasi émeute dans ce marché. Les gens nous regardaient vraiment l’air halluciné. Mais tout cela sans aucune animosité. Aucun rapport avec ce que nous avons fait au début du 20ème siècle, lors de l’exposition universelle de Paris en 1900 notamment, en exhibant nos « sauvages » noirs venus des colonies comme des bêtes de cirque pour distraire les foules parisiennes.

Nos amis chinois ne souhaitaient qu’une chose : qu’on soit photographié ensemble, que nous prenions des photos d’eux en leur montrant bien le résultat (vade retro argentique) ou que eux pausent avec nous sur leurs propres clichés. Evidemment, mes cheveux blonds les fascinaient vraiment.

C’était un très joli moment, de découverte et d’échange, quand bien même personne ne se comprenait !

A 17h, nous avons pris d’assaut le train couchette Lanzhou / Duhuang. Nous avons des couchettes dites « molles » et des cabines VIP avec seulement 4 couchettes. Les chinois voyagent eux dans des couchettes dures (qui sont donc des planches ni plus ni moins) et par 6.
Le grand jeu de l’ADHE les quelques jours précédents le départ étaient évidemment de trouver ces roommates pour le voyage (de 14h quand même). Des tractations avaient même commencé dès Roissy parait-il. Pour ma part, nous avions constitué notre petit groupe quelques jours avant et c’était très sympathique. Comme toujours, il y avait la cabine maudite, constituée des parias du groupe (4 sur 80 c’est pas énorme non plus).

On a beaucoup rigolé, on a dîné au wagon restaurant (truc qui n’existe plus dans les TGV mais que j’adorais quand j’étais petite fille. On mange dans des vraies assiettes, avec des couverts, quelqu’un vient nous servir, bref, le restaurant dans le train). C’était super exotique.

Pour ma part, j’ai dormi dans ce train comme un nourrisson (remarque, pour la 1ère fos de ma vie, j’avais pris un somnifère), ce qui n’était pas le cas de tout le monde.

Arrivée à Dunhuang aux portes du désert à 7h00 du matin.

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Du travestissement en chine

Très grosse journée aujourd’hui. Tout d’abord le très stalinien, si cela est possible ici, musée régional. Il regroupe une importante collection d’objets issus des fouilles archéologiques de la région. J’avoue avec honte qu’au bout de la 10eme petite statuette, je ne faisais plus bien la différence entre les unes et les autres. Le sol en lino noir, les murs recouverts de moquette, l’éclairage au néon les vitrines pas très arrangées et les photos floues ont eu raison de ma culture. En revanche, il y avait dans ce musée une exposition très intéressante d’une espèce en voie de disparition : le gardien de musée militaire. Ceux d’ici sont parés de leurs plus beaux atours : uniforme, casquette, ceinturon et décoration. On les aurait dit sortis tout droit de tien an men. En plus, aucun mouvement, aucune expression ne passaient sur le visage ; on les dirait cryogénisés. J’ai donc passé 2 heures a les traquer dans le musée.
Voici un rituel chinois dont je n’ai pas encore parler ; la boutique pour touriste. Partout ou l’on va, le guide finit par nous accompagner dans une boutique, mais attention, ce n’est pas une boutique mais une « fabrique » ! On croit découvrir le tissage de la soie ou la taille du jade et hop, on nous propose d’acheter.
On a attaqué à Shanghai avec la soie : Les collections proposées etaient, je vous laisse imaginer, du meilleur gout. A Xi’an, leur truc, c’est le jade. Sous toutes ses formes et toutes ses couleurs (et oui, ce n’est pas que vert mais également orange, noir, violet ou blanc). Donc fabrique de jade avec 10 m2 de fabrique et 300m2 de boutique. Ce qui est drôle, c’est qu’une fois que l’on a fait le tour de la partie fabrique dans laquelle on a vu des ouvrières tailler, fraiser et polir, elles se remettent a leur tricot, a croire que l’après-midi, ca se transforme en fabrique de pull. Quand-même je suis un peu bégueule car grâce a l’amitie franco-chinoise, on bénéficie immédiatement d’une remise de 50% !
Ce qui me fait rire dans ces visites de fabriques ne fait pas du tout, du tout, rire mes nouveaux amis profs. Comment peut-on préférer une sculpture de pékinois en jade a la visite de la grande pagode de l’oie sauvage ? Le guide bleu dans une main, l’appareil photo (parfois encore jetable) dans l’autre et le petit livre rouge planqué dans le sac a dos queshua, le prof est la pour bouffer de la culture, de la fouille et de l’exposé. Et puis il s’agit de se faire voir de Jacques (Marseille). Faut pas les prendre pour des lapins de 6 semaines avec ces pseudo-boutiques. A la limite, ils preferent le « petit marché tellement typique ».
A la suite de cette découverte de l’artisanat local, nous sommes allés déjeuner dans une salle de spectacle du parti, déguisée pour l’occasion en restaurant ; on dégustait le riz cantonnais et le porc sauce aigre-douce sous l’œil bienveillant des travailleurs heureux et épanouis qui ornaient la grande fresque murale qui décorait la salle.
Pour nous remettre de toutes ces émotions et surtout dans le droit chemin de la culture, on a filé directement voir l’armée des soldats en terre cuite. Plus de 8000 statues ont été découvertes depuis 1974. Evidemment, c’est impressionnant et fascinant de voir ces milliers de soldats sortis de leur sépulture, en rang sur des centaines de mètres. Notre président bien aimé a déclaré après sa visite du site  » On savait qu’il y avait les 7 merveilles du monde. Je viens de voir la 8eme ».
Je sais, cette petite phrase n’est pas aussi bien que celle des radis, mais elle me fait penser que pour l’exposition universelle qui se tiendra a Shanghai en 2010, il serait plus sage d’envoyer Chirac plutôt que Giscard comme représentant de la France. Au moins il y connait quelque chose a la chine. Vous imaginez notre VGE national ventant l’innovation de Vulcania face aux jeunes huppies chinois milliardaires à 40 ans, ayant fait fortune dans les produits de haute technologie ? On parle de déclin en France, mais avouez quand même qu’on n’est aidé non plus.
 La mosquée de Xi’an est vraiment superbe. Elle est située dans un des plus vieux quartier de la ville et, elle aussi, ne déroge pas a la règle : c’est une mosquée déguisée en temple bouddhiste. Mais qu’on ne se méprenne pas : les chinois ne changent pas de religion au cours de la journée et des cars de touristes. C’est bien une vraie mosquée mais qvec un minaret en pagode, des dragons sur les toits pour faire fuir les mauvais esprit. Quelques uns de mes condisciples rêvaient déjà a l’exportation de cette brillante idée (pour une fois ou l’on est d’accord pour que les chinois nous envahissent avec leur réalisation) sur le sol français : que toutes les mosquées se transforment en Notre-Dame ou mieux encore en Saint Nicolas du Chardonnet.
 Ils sont forts ces chinois. Ceci dit, il y avait quand même un truc très drôle lié a cette mosquée : elle est entourée de petites ruelles qui ressemblent a s’y méprendre aux souks tunisiens. Il ne manquait que les odeurs du jasmin et des épices. Même les vendeurs s’y croyaient, nous attirant dans leur boutique pour discuter le bout de gras pour l’achat d’un buste de Mao en jade.
 Demain, grand départ pour Lanzhou, toujours plus a l’ouest, suite de la route de la soie.

Photos de Xian
Xian1
Xian3

Xian2

Photos de Lanzhou
Lanzhou1
Lanzhou2
Lanzhou3Photo de Dunhuang

Dunhuang3
Dunhuang2
Dunhuang1
Dunhuang4

Shanghaï Surprise, suite

Lundi 9/04


Il faut quand même que je vous parle de mon immersion dans le monde de l’ADHE… Après quelques instants de solitude à l’aéroport (mon dieu, ne fais-je pas une bêtise ?!), je me suis relativement bien glissée dans la moule !

Comme partout, certains sont très sympas, très drôles, et d’autres sont très cons. Mais comme partout, les filles piapatent et disent du mal des autres, ce qui est assez rassurant.

La journée du lundi s’est terminée tranquillement, en se baladant dans la ville.

Inutile de préciser que nous avons très bien mangé : à chaque repas, c’est une succession de petits plats de viande, de poisson, de légume. Le tout arrosé par un thé vert plus ou moins au algues, selon le marché du jour !

 

Mardi 10/04

 

La révélation

Mardi matin, bon pied bon œil après une nuit de sommeil méritée, nous avons attaqué par le musée de Shanghaï. C’est un peu leur Orsay à eux mais plus divers.

Situé sur la place du peuple, cela ne s’invente pas, le bâtiment du musée est sublime. Il représente la terre et le ciel pour les chinois, avec une base carrée et un toit rond.

Le musée est divisé en plusieurs départements, impossibles à tous visiter dans les 2 heures qui nous étaient allouées. On s’est décidé pour les meubles, les costumes, le jade, la peinture et la céramique.

Et c’est la là que ma révélation a eu lieu : sans le savoir, j’adore la période Ming 1368-1644. Le Ming est à moi ce que la prose est à monsieur Jourdain : j’aime sans le savoir. Evidement, je ne suis pas peu fière d’avoir été illuminée par tant de grâce et je ne manquerai pas l’occasion de recaser mon amour de la peinture chinoise du 15ème siècle dans le prochain pince-fesse. C’est hyper chic.

Trêve de plaisanterie, c’était vraiment fabuleux, on a vu des choses incroyablement belles et raffinées.

Forte de toute cette joie, on s’est précipité à la boutique pour dévaliser le stock de bouquins de peinture et de cartes postales en tout genre (je n’ai pas pu résister à Mao et aux affiches de propagande). Résultats des courses : ma valise a pris 5kg d’un coup. Le cauchemar commence.

 

L’après-midi, nous avons rencontré un des responsables de l’exposition universelle Shangaï 2010. Un diplomate, francophone, pas membre du parti que j’ai trouvé moi assez langue de bois. C’était intéressant et surtout, cela permettait de mettre en lumière le développement incroyable de cette ville. Le nouveau quartier, le Pudong, est entièrement fait de building tous plus hauts, plus illuminés, plus recherchés les uns que les autres. C’est là que seront installés la plupart des pavillons.

Le soir, nous n’avons pas pu échappé aux bateaux-mouches locaux by night et vraiment, c’était merveilleux. Les chinois disent de Shanghaï que le jour c’est une jeune fille sage et la nuit une femme fatale. Et c’est vrai qu’on ne peut résister à son charme. C’est d’une part très impressionnant, surtout sur le Pudong, d’autre part, c’est très poétique, voire romantique que la promenade qui longe le Bund et sur laquelle on trouve de vieux bâtiments très européens qui datent des concessions.


Les communistes chinois, c’est comme des radis

Départ pour Xi’an (qu’on prononce CHI-ANE) ce matin. Evidemment, mettre en mouvement 80 personnes (je ne sais pas si je vous avais donné cet heureux détail), c’est pas toujours facile, surtout quand la parité prof/gens normaux est atteinte. Queue interminable à l’aéroport, l’éternel « qui a perdu son billet (son passeport, sa valise, je vous laisse le choix), pas de café. C’est un peu le redressement par la patience… Et là, dans cette attente matinale, je crois avoir entendu la meilleure petite phrase depuis un grand grand moment.

« Les communistes chinois, c’est comme les radis, c’est rouge à l’extérieur et blanc à l’intérieur ».

Je vous laisse méditer sur la profondeur de cette maxime digne des meilleurs de nos politiques.

A Xi’An, il fait chaud (enfin, je m’emballe un peu, il fait 26 je crois). A peine arrivé, on se précipite (enfin là aussi je m’emballe, je rappelle l’inertie de 80 personnes) à la Pagode de la Petite Oie Sauvage.

Le soir, c’est un peu un soir d’intronisation pour moi (encore une), puisque on a une conférence du Grand Timonier, Jacques Marseille. Le thème est, vous vous en douterez, la Chine. Mais plus particulièrement quelle place occupe-t-elle aujourd’hui sur l’échiquier économique mondial, faut-il en avoir peur, ou est-ce une chance pour nous ?

Qui connaît bien notre maître à penser devinera immédiatement les réponses à ces questions.

La question de la dictature n’a quasi pas été abordée, si ce n’est pour dire que l’économie de marché mène irrémédiablement à la démocratie… Je ne l’ai pas ramené évidemment avec mon histoire de blog inaccessible. Mais vraiment on a l’impression que tout cela est bien occulté.

Notre ADHE aurait-elle été infiltrée par des agents maoïstes chargés de la propagande du parti ?

La dictature est-elle soluble dans le Net ?

Après 2 jours passés à Shangaï, je peux enfin publier un billet sur mon blog… non pas que l’hôtel n’ait pas internet mais, bizarrement, impossible de me connecter à WordPress… Après enquète menée par Olivier, il s’avère que ce n’est pas accessible en Chine… C’est donc avec l’assistance de Paris et l’existence d’Hotmail que je peux contourner le problème.Jour 1 : Shangaï surprise

Après un long et frugal périple, (on n’a mangé que 2 fois dans l’avion), arrivèe à Shangaï. Pas une minute pour passer à l’hôtel, on attaque direct les visites. Ce doit être le coté prof…

On visite tout d’abord un joli jardin dans la vieille ville chinoise. C’est chouette de trouver ce genre d’endroit dans une metropole de 17 millions d’habitants. Après le déjeuner, promenade sur le bund, sorte de Promenade des Anglais locale.

Suite ce soir, nous partons pour Xian

J-2

Voilà, nous sommes à 2 jours du départ maintenant.

Depuis le début de la semaine, je passe mon temps sur Yahoo! météo, à naviguer entre Pékin et Shangaï, scrutant le climat et ses variations !
Grosso modo, ça a l’air d’être un peu comme ici à Paris : le printemps. Mais attention, la Chine est vaste et le climat changeant (c’est un proverbe de Confucius)

Et du coup, ma valise n’a pas progressé d’un pouce. Je sens que je vais passer mon samedi à courir d’un truc à l’autre, à remplir et à vider cette satanée valise tant je vais hésiter sur la garde-robe idéale. En plus, je suis absolument incapable de définir à l’avance les panoplies journalières : lundi, ce sera pantalon noir et pull noir, mardi, jupe noire et tee-shirt noir, mercredi … Je prends donc mes best du moment en me disant que je mixerai sur place (un peu comme je fais tous les jours finalement).
Quand je suis en voyage, je suis frappée du syndrôme de l’insatisfaction globale : ne pouvant pas vraiment choisir mes fringues tous les jours, je trouve du coup que tout ce que j’ai pris est nul, ne convient pas, que les accords ne sont jamais les bons. Ah si seulement j’avais pris le fameux petit pull dont j’ai considérablement besoin là maintenant tout de suite…

Et là, je ne parle même pas des chaussures pour lesquelles mon hésitation est encore plus grande.

En même temps, il faut que je me détende, mes compagnons de voyage ne sont généralement pas réputés pour rivaliser avec Carrie Bradshaw…

Le détail amusant du jour : ma copine Anna a trouvé un skyblog quasi éponyme à celui-ci : http://marion-en-chine.skyblog.com/